L’intention développée dans la série Punctum II interroge les tensions entre : maîtrise/débordement, apparition/disparition, stabilité/transformation.
Le titre Punctum fait référence à (Roland Barthes/La Chambre claire). Le punctum désigne cet élément de l’image qui vient troubler le regard, le « piquer », produire une expérience sensible et intime qui échappe à l’analyse rationnelle.Dans cette série, le cercle central coloré agit comme une tentative de focalisation du regard, zone de condensation du sensible. Cette centralité demeure fragile : le regard est continuellement attiré par les débordements de l’encre, par ce qui s’échappe du cadre et résiste à l’ordre de la composition. Le punctum ne se situe alors peut-être pas dans le centre lui-même, mais dans cette fuite de la matière hors des limites imposées.
Cette réflexion entre également en résonance avec les notions de chaos et de diagramme* développées par Gilles Deleuze. *le diagramme correspond à une perturbation de l’image, un moment où le contrôle se fissure afin de laisser apparaître des forces imprévisibles.Dans PUNCTUM II , la diffusion aléatoire de l’encre agit comme une force diagrammatique : elle dérègle la stabilité de la forme, produit des «échappées, des glissements, des fuites » ouvre le champs à l’indétermination et au mouvement.Le chaos n’est pas ici compris comme un simple « désordre », mais comme « un champ de forces en transformation permanente ».
Il s’agit de composer avec ce qui échappe.
Ce qui est donné à voir se construit dans une tension constante entre structure et dissipation : le cercle géométrique tente d’organiser l’espace tandis que l’encre envahit, s’étale, déborde et contamine les limites du support.La toile elle-même participe de cette instabilité. Détachée de son châssis, elle conserve les traces physiques de ses tensions passées : plis, marques, déformations, mémoire du support.Le support cesse d’être neutre ; il devient corps sensible, corps affecté par le temps, par les gestes et les transformations.
Enfin, cet ensemble de dessins s’inscrit dans une logique d’une démarche « ouverte et évolutive. » Chaque pièce demeure susceptible d’être reprise, modifiée ou prolongée dans le temps.Cette dimension processuelle affirme une conception de « l’œuvre » comme organisme vivant plutôt que comme objet achevé. Il s’agit ici ;d’un espace de circulation entre contrôle/lâcher-prise, e apparition de la forme et dissolution, entre regard et échappée.

























